Le passage du voyage à l'écriture est naturel dès lors que le voyage enchante moins. La réduction du champ d'observation continue de s'accomplir jusqu'à ne devenir qu'une très petite fenêtre, où s'opère également l'inévitable étiolement, et là il n'y a plus qu'à s'en remettre à la pauvreté du signe - son unique puissance - pour retrouver un chemin qui tend vers l'atemporel, que l'écriture ne soit plus un album de voyage commenté mais soit elle même LE voyage.
Un renversement nécessaire.
Dernier jour, au Reval Café, je ne retrouve plus mon stylo, je fouille mes poches et mon sac, plusieurs fois même. J'étais assis sur le stylo.
A mon arrivée, j'avais pris cette photo de l'avion, d'où l'on voit l'île de Saarema
Le bateau est toujours à quai
(les œuvres photographiées au musée Kumu sont de deux femmes peintres estoniennes, Olga TERRI, 1916-2011, et Epp-Maria KOKAMÄGI, née en 1959)